Le premier pas

À mon réveil dimanche, j’avais reçu Ses instructions via courriel.  Il me demandait de me présenter chez Lui nue sous mon manteau, sinon une paire de chaussures.  Je devais entrer, aller déposer mes affaires dans Sa chambre et venir m’agenouiller devant Lui en présentant mon collier à 14h précisément.

J’ai profité des quelques heures de liberté que j’avais pour prendre un bain et relaxer.  Pas de bijoux ni maquillage.  Mais j’ai transgressé sa demande de ne pas porter de parfum, c’est que sentir bon me réconforte.  Lorsque vint le temps de me préparer, j’ai constaté que le dernier bouton de mon manteau était un peu trop haut pour la course à la pharmacie que je devais faire avant de me rendre chez Lui.  J’ai donc enfilé une jupe afin de ne choquer personne par inadvertance.

J’avais très peur d’arriver en retard, alors bien sûr, je suis arrivée beaucoup trop tôt.  Après 10 minutes d’attente dans mon auto, pendant lesquelles j’avais retiré la jupe interdite et écouté de la musique pour calmer mes nerfs qui s’agitaient, je n’en pouvais plus.  J’ai pris la décision de monter et d’aller me réfugier dans la chambre, porte close, jusqu’à l’heure prévue.  Ce faisant, je me demandais si je n’allais pas être punie pour mon zèle.  Jamais 12 minutes ne m’ont paru aussi longues; ma nervosité montait d’un cran avec chaque changement de chiffre sur l’afficheur de mon cellulaire.

C’est tremblante que je me suis agenouillée sur le coussin de velours qu’Il avait placé devant Lui.  Une fois le collier attaché autour de mon cou, Il m’a demandé comment je me sentais.  “Bien, Monsieur.”  “Nerveuse?”  “Oui, Monsieur.”  Ces réponses courtes et laconiques ne pouvaient en rien refléter l’intensité des sentiments qui m’agitaient, mais le tremblement de mon corps Lui en disait long.  Il m’a expliqué doucement le protocole d’entrée que je devais suivre à chaque début de séance.  J’entendais un sourire dans Sa voix parfois, quand la situation devenait un peu cocasse, et je souriais avec Lui.  De savoir que tout n’était pas nécessairement fait dans une atmosphère lourde et sérieuse m’a beaucoup détendue.  Il a lié mes poignets avant de me confier la tâche de cirer ses bottes.  Pas pu m’empêcher de me demander depuis combien de temps je n’avais pas fait de cirage… depuis très longtemps.  Et il n’est guère aisé de le faire avec les mains attachées.  J’ai dû par deux fois Lui tendre les poignets car la corde neuve refusait de garder ses nœuds (ou mon ardeur à faire reluire Ses bottes les défaisait?).

Par la suite, Il m’a interrogée sur Ses règles.  J’ai fait beaucoup d’erreurs et me suis retrouvée souvent en position “repentance”.  J’ai aimé cet aspect du Jeu.  Être à ses genoux, entièrement nue tandis que Lui est tout habillé, interrogeant sur un ton doux devenant très ferme en cas d’erreur.  Pendant que, le front au sol, je Lui présentais mes reins bien cambrés, Il glissait Ses doigts dans ma chatte et caressait mon clitoris.  Cela n’aidait pas ma mémoire à retrouver les réponses qu’Il voulait me voir dire.

Il a ensuite exécuté un bondage sur ma poitrine, faisant jaillir mes seins.  La sensation de la corde qui enserre tel un corset m’a séduite et bien que je n’ai pu me voir dans un miroir, je me trouvais jolie ainsi ficelée.  À cette étape du Jeu, la nervosité avait totalement fait place à l’excitation et à une anticipation curieuse de la suite.  Mon sexe était trempé quand Il m’a attaché les poignets à un anneau au-dessus de ma tête.  Il a utilisé des pinces sur mes seins et ma chatte, s’est amusé à faire glisser la cane sur ma peau sans me frapper.  Je ne croyais pas qu’Il le ferait, mais je n’en étais pas certaine; je n’avais pas peur.

Après m’avoir détachée, Il m’a fait marcher en laisse à Ses côtés.  Mes genoux arborent aujourd’hui deux ecchymoses, résultat du plancher de bois contre mes rotules.  Je ne sais si j’arriverai à bien marcher à quatre pattes, c’est plus douloureux que je croyais.  De retour sur mon coussin, Il corrige ma posture et dit que je devrai travailler sur ma grâce.  Mon orgueil accuse le coup.  Je me demande quelle sera la suite lorsqu’Il retire mes liens et mon collier.  Sans accessoires, je me sens très nue devant Lui soudainement.  La séance est finie et je suis soulagée de ne pas avoir fait plus de gaffes.  Je n’arrive pas à décider si je croyais que j’en ferais davantage ou moins que j’en ai faites.

J’ai été surprise par mon niveau d’excitation, par la sensualité qui me tenaillait pendant la séance.  Quand Il s’approchait de moi, je pouvais humer son odeur et ses frôlements me rendait folle tellement j’avais envie de Le toucher.  Bien que certaines choses auraient pu m’apparaître humiliantes dans un autre contexte, dans le Jeu, tout me semblait normal et j’acceptais facilement ma position inférieure en y prenant un  plaisir certain.  J’ai réalisé pendant mon initiation que je n’aurais pas pu me soumettre à un Maître pour lequel je n’éprouve pas de sentiments, avec qui je ne suis pas en relation.  La confiance que j’ai envers Lui, mon attachement et ce que je sais de Lui, sont autant de facteurs qui me permettent de m’agenouiller avec joie à Ses pieds.  Ce pas que j’ai franchi, je n’aurais pas voulu le franchir avec un autre que Lui.

~ par devenirlola le avril 8, 2008.

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