Un second pas
Vendredi, je savais que je serais en retard. Il n’y avait pas de façon d’arriver chez Lui à temps. Je me suis garée n’importe comment et j’ai couru vers Son appartement, montant les marches aussi vite que mes talons hauts me le permettait. La course vers la chambre, je me déshabille en lançant mes vêtements aux quatre coins. Je prends le collier sur le lit et j’essaie de reprendre mon souffle. Pas le temps! alors lentement, je me dirige vers le coussin qui est à Ses pieds au salon, je m’agenouille et tend le collier. Il demande “Trafic?”, je n’ose répondre, Il dit: “ça va, parle, tu n’as pas le collier encore”. Alors je souris et Lui raconte mes péripéties pour arriver. On rit, Il m’embrasse, me dit de me calmer car je suis encore essoufflée. Finalement, je reprends la position et Lui tend le collier de nouveau. La séance débute.
Il me fait pratiquer ma grâce, me demandant de bouger plus lentement, ce qui n’est pas une tâche facile pour moi si brusque. Il me demande de m’asseoir sur une chaise; spontanément, j’ouvre les cuisses (me rappelant “Histoire d’O”) et Il apprécie que je n’ai pas oublié ce détail. Il m’attache les poignets au dossier, les chevilles aux pattes de la chaise. Ensuite, Il joue avec mes mamelons, les pinçant fortement et tirant dessus. En même temps Il m’embrasse, me parle; sentir Son parfum et Sa présence, ne pas pouvoir Le toucher, cela ajoute à l’excitation. Il glisse ses doigts dans ma chatte d’un coup et j’échappe un cri de surprise. Il me quitte pour aller décrocher un instrument, c’est un petit martinet de caoutchouc, qu’Il utilise sur mes seins, mes cuisses, mon sexe. C’est généralement doux, mais Il arrive à me donner quelques coups qui pincent. Puis Il va chercher l’éventail, et me dit qu’Il va m’en donner dix coups sur chaque cuisse, si j’accepte. J’hésite un peu, mais j’accepte. Ce n’est pas aussi douloureux que j’aurais cru, sauf les 4 derniers coups qu’Il a choisi de donner vers l’intérieur, là où la peau est plus fine, ceux-là ont été plus cruels. Toutefois, Il n’a pas donné un seul coup de plus que ce qui avait été annoncé, j’ai un Maître juste. Après m’avoir détachée, Il a dit que je devais faire les 30 minutes de cage que mes erreurs de la dernière fois et mon retard du jour m’avaient méritée. À quatre pattes, Il m’a menée vers cette grande cage où j’ai eu le droit de m’installer à mon aise avec l’oreiller et les couvertures s’y trouvant. Je me suis roulée en boule et me suis reposée.
Une fois la punition terminée, Il a demandé si j’accepterais de recevoir la fessée, ce à quoi j’ai dit oui. Il m’a renversée sur ses genoux, enfonçant mon visage dans le sofa d’une main et frappant de l’autre. Puis, Il a pris la palette pour continuer le travail. J’ai bien aimé le son et la sensation de cette dernière. Mon excitation était toutefois un peu diminuée car Il me tirait les cheveux brutalement (il semblerait que j’ai le cuir chevelu sensible). Une fois la fessée donnée, Il m’a mise à genoux, dos à la pièce, le temps de préparer la prochaine scène.
Il m’a donné des bracelets à mousquetons à enfiler et m’a fait me coucher sur une table où Il a attaché mes poignets à des anneaux. À ce moment, Il m’a bandé les yeux et je ne pouvais que tenter de deviner ce qu’Il faisait. D’abord, Il a enroulé une corde autour de ma cheville, ensuite, j’ai senti un bâton se glisser sous mes genoux et ma cheville y a été fixée. Il a procédé de même avec l’autre cheville. Je me demandais à quoi Il voulait en venir, quand j’ai senti une nouvelle corde qui s’enroulait autour du centre du bâton et le son de Ses pieds qui montent sur une chaise. J’ai alors compris qu’Il allait suspendre mes jambes dans les airs avec l’anneau fixé au plafond. J’ai cru que cela ne serait pas confortable longtemps, mais en fait, ce ne fût pas le cas.
Une fois mes orifices ainsi exposés, Il s’est assis entre mes cuisses pour dilater ma chatte. En même temps, un vibrateur chatouillait mon clitoris. La sensation de ses doigts étaient tantôt agréable, tantôt douloureuse et je gigotais dans mes liens en criant de plaisir et de souffrance. Je ne pouvais que répondre: “Votre soumise ne sait pas ce qu’elle veut” lorsqu’Il me demandait si je préférais qu’Il arrête. Mon orgueil m’empêchait de dire “jaune” et d’arrêter cette douce torture. Je me suis relaxée, Il a continué quelque temps. Puis, Il a glissé un vibrateur à la place de Ses doigts et le plaisir m’a envahit complètement. Mes cuisses tremblaient. Il a ensuite commencé à dilater mon anus, je ne sais si c’était Ses doigts ou un plug. J’étais au bord de l’orgasme et je ne savais si je devais jouir, alors je le Lui ai dit. Il a cessé ce qu’Il faisait d’un coup, me laissant plutôt surprise et déboussolée. Il a dit que nous allions alors prendre une autre direction. Je L’ai senti au-dessus de moi, je ne savais ce qu’Il manigançait. Il m’a alors annoncé que j’allais maintenant goûter à la cire pour la première fois. Là, j’ai disjoncté.
J’ai d’abord dit “non” en secouant mes liens, puis rapidement j’ai dit “jaune”, en le répétant sur un ton complètement paniqué. Il a dit “d’accord”, mais avant que j’ai pu me raisonner, j’ai éclaté en sanglots. Il est difficile d’expliquer à quel point les sentiments sont intenses et surviennent sans crier gare en BDSM. La peur qui m’a envahie à l’idée que la cire allait me brûler était terrible. J’ai un bon Maître, qui a immédiatement mis fin à la séance, me prenant dans Ses bras tout en défaisant mes liens, me parlant doucement pour me calmer, me consolant. Je pleurais et je me trouvais ridicule de pleurer si fort. Et je me trouvais nulle d’avoir gâché la séance. J’ai arrêté de sangloter pendant qu’Il détachait mes chevilles. Je ne parlais plus, je me sentais molle, sans autre envie que de me recroqueviller. Il m’a emmené dans Sa chambre, m’a serrée contre Lui sous les couvertures. Je ne parlais pas, j’avais les yeux ouverts et je regardais partout. J’étais bien dans Ses bras. J’ai dit: “j’ai eu peur”. Avec un baiser sur mon front, Il a répondu: “j’ai cru remarquer”. On a discuté. Nous avons convenu qu’il serait préférable que je n’ai pas les yeux bandés pour la cire, afin que je vois les gouttes tomber et puisse me préparer à les recevoir. Et c’est aussi à ce moment que nous avons réalisé qu’Il a mal entendu lorsque je Lui ai dit être au bord de l’orgasme, Il avait plutôt compris que je n’atteindrais pas l’orgasme! D’où qu’Il S’est dit qu’un peu de douleur me recentrerait. Je dois donc mieux articuler désormais.
J’ai tenté de mettre des mots sur ce que je vivais, je Lui ai dit que j’avais l’impression “d’atterrir”, de “redescendre” et Il a dit que c’est le feeling que le “sub space” me donnerait un jour, en plus positif que cette fois-ci. Le “sub space”, l’espace de la soumise ou sous-espace si on tente de traduire le jeu de mots. J’ai lu sur le sujet, mais je ne l’ai jamais expérimenté et je pense que j’étais un peu incrédule face à cet état. Mais l’intensité de cette dernière expérience me démontre que son existence sera éventuellement une réalité pour moi.
Aussi décevante que la fin de la séance ait été, j’en suis ressortie avec une plus grande confiance en Lui. J’ai ainsi pu constater qu’Il veillait sur moi sans faillir, qu’Il ne pousserait aucune limite sans mon accord, qu’Il était le Maître dont j’ai besoin.

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