Un pas de plus vers la première séance. J’ai rempli Son questionnaire, signé le contrat, on a longuement parlé de comment les choses se passeraient. Les émotions sont fortes: crainte, excitation, désir. Crainte surtout. Même si je sais que je peux Lui faire confiance, qu’Il sait ce qu’Il fait et me respectera dans le Jeu, je ne peux m’empêcher d’avoir peur un peu. J’ai peur de ne pas pouvoir endurer les coups, que la situation ne m’excite pas, qu’entre fantasme et réalité, je me sois trompée. Et je me demande s’il est possible de se tromper à se point…
Nait-on soumise ou le devient-on…? Du plus loin que je me souvienne, les situations où je deviens un objet sexuel, où l’on m’utilise et abuse de moi m’ont excitée. C’était au départ, très discret et ponctuel, mais c’est devenu plus marqué avec le temps. Plus tard, certains m’ont reproché une forme de passivité au lit; ils n’avaient pas compris que j’attendais d’être dirigée, que je ferais presque tout ce que l’on me demanderait. Plus tard encore, deux partenaires différents, tout aussi novices que moi, m’ont fait regarder la réalité en face: je suis soumise.
De là, la lecture des grands classiques du BDSM, les recherches sur internet pour de l’information et des photos, car je voulais savoir, voir. Je me suis inscrite sur un site de rencontre plus osé simplement pour avoir accès aux photos et aux histoires. Des Maîtres m’ont contactée, je n’ai jamais pu osé répondre. J’ai fréquenté des hommes vanille, me disant que ma soumission n’était que fantasme… mais tous me décevaient au lit avec leurs façons tendres de me faire l’amour en respectant les “convenances”.
Le hasard a voulu que je croise Sa route sur un site de rencontre populaire. Son profil laissait quelques indices sur Ses goûts véritables. Malgré ma crainte, j’ai répondu. Je me disais qu’Il se désintéresserait rapidement de la novice tremblante que je suis. Toutefois, il semblerait que toute ma personne Lui ait plu au point de me mériter rapidement le titre de sa copine. Et le mélange de douceur et de fermeté qui le caractérise m’ont charmée.
Depuis notre premier rendez-vous, la discussion revient inévitablement vers le BDSM. J’ai beaucoup de questions, Il a des réponses. Notre première nuit fût vanille tout en étant intense. Notre deuxième nuit fût sauvage et sa brutalité m’a forcée à utiliser le “safe word” qu’Il m’avait révélé. Sa réaction fût immédiate: arrêt de ce qu’Il avait entrepris et questionnement. Mes émotions étaient très fortes: il y avait la douleur physique ressentie et une peur énorme. J’ai eu le temps de me dire, juste avant de me mettre à pleurer, que je ne semblais pas douée pour “ça”. Il m’a prise dans ses bras et m’a rassurée, consolée. Le lendemain, je savais que je pouvais Lui faire confiance et aller plus loin.
Alors ce soir, un verre à la main, nous avons discuté de mes limites et de Ses règles, nous avons regardé les instruments qu’Il compte utiliser. Et Il a proposé que la première séance ait lieu ce vendredi.
